La création artistique numérique

KUBE – Gilles Verièpe – Cie DK59  2017

 
(diffusion vidéo ci-dessus aimablement autorisée par G. Verièpe de la compagnie DK59)

Quand la tourmente s’annonce sur les mers orageuses, le pilote appelle son art, et son art lutte contre la tourmente. Quand le calme le saisit sur les plages de la Pacifique, il n’est plus d’art, plus d’effort, on se consume lentement, on périt dans l’abattement, c’est un calme de mort. Etienne Pivert de Senancour, Rêveries, 1799, p. 81.

Maintenant le pilote utilisera son GPS et sa station météo pour éviter la tempête !

L’art est lié à la technique et à l’imitation de la nature depuis 25 siècles, selon Platon et Aristote. Leurs théories, qui ne se résument pas seulement à mon raccourci, sont à la base de la pensée occidentale. Elles ont été discutées, contestées, mais restent tout à fait d’actualité.

Le numérique, plus exactement la technologie informatique a révolutionné la totalité du domaine technique. Révolution au sens où l(utilisation des outils a radicalement changé : les robots peignent les carrosseries à la place des ouvriers d’antan. Révolution sociale aussi puisqu’une grande partie du des art-isans a disparu créant un vide dans nos sociétés qui devront s’adapter.

En ce qui concerne les beaux arts, ils ont été envahis par les ordinateurs. On peut malgré tout constater que cela n’a pas changé leur finalité. On a juste changé le côté technique des choses : au lieu d’utiliser brosses, pinceau, tubes de couleurs, essence de térébenthine … le peintre peut utiliser un logiciel de création d’image. Voici un travail de Jakob Eirich avec Photoshop qui peut-être comparé honorablement, selon moi, à des peintures du XVIIème siècle.

The Resistance

Toutefois l’examen des images des sites comme Artstation qui exposent des oeuvres numériques, peut donner un ressenti ambigu : pour 90 % il s’agit de scènes de science-fiction, de dessin animé, ou de jeux.  Cela est probablement dû à la pression qu’exerce sur nous le marché du film, des séries et autres activités commerciales, et traduit l’angoisse de nos sociétés à l’arrivée de ces nouvelles technologies. Une autre remarque est la faible qualité (en moyenne) du rendu de la figure humaine et du corps en général. L’explication vient probablement des capacités surpuissantes de notre cerveau humain pour analyser les visages et les attitudes humaines. Les systèmes de rendu numérique ne sont pas encore à la hauteur pour tromper nos sens dans ce domaine.

 

 

2008 – Jeff Koons expose 15 sculptures dans les cours et le château de Versailles, de septembre à décembre 2008.  Ici, son oeuvre « Balloon flower 3 », dans la Cour royale. / STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

B-VENET_c_H-Lagarde_23

Bernard Venet 

 

Laisser un commentaire